Alexandra Soumm
« Je suis née à Moscou dans une famille de musiciens, et mes parents émigrèrent en France lorsque j'avais deux ans. J'ai commencé à apprendre le violon avec mon père dès l'âge de cinq ans, et eu la chance dès le début d'être entourée de personnes merveilleuses qui m'ont aidé à me développer techniquement, musicalement et émotionnellement. 

A l'âge de dix ans, je suis partie à Vienne étudier avec Boris Kuschnir, qui est encore mon professeur à ce jour. Les choses se passèrent très naturellement, et, dès mes quatorze ans, je commençais à beaucoup voyager, jouer avec de nombreux orchestres et faire de la musique de chambre. Parfois les gens ne se rendent pas compte du côté si solitaire de ce genre de vie, malgré l'immense chance de pouvoir partager son amour pour la musique avec le public, de voyager, découvrir de nouvelles cultures et d'apprendre de chaque chef et musicien avec lequel on travaille. A un certain moment, vers mes dix-huit ans, je commençais à avoir l'envie d'apporter quelque chose de plus, de créer un véritable changement pour apporter la musique au plus grand nombre. Pour moi il était évident que jouer dans de de magnifiques salles n'était pas suffisant- je ne voyais pas assez de diversité dans le public qui venait m'écouter. Qu'en était-il des enfants? Qu'en était-il des sans-abris, des personnes handicapées, ou tout simplement des gens seuls?

L'Art est un élément essentiel pour se construire ou se reconstruire, mais, bien sûr, personne ne peut changer le monde seul- il faut une équipe pour cela.
 
Je me souviens d'avoir parlé de mon rêve avec Lars Vogt, fondateur de la formidable « Rhapsody in School », un jour en 2010. Il a été le premier à me pousser, à me dire de ne pas avoir peur, et m'a conseillé d'avoir une solide équipe dès le départ.
 
Au fil des années et des voyages, j'ai rencontré Maria et Paloma, qui étaient (et sont toujours) les citoyennes et femmes parfaites avec lesquelles créer une association caritative. Leur curiosité naturelle, leur gentillesse, leur abnégation pour apporter un réel changement dans la société me rend fière et heureuse de les avoir à mes côtés, avec le même idéal de ce que nous, artistes, devons apporter au monde. J'aurais toute ma vie une immense gratitude à leur égard pour avoir dit « oui » tout de suite à cet immense projet.
 
L'une des plus grandes surprises pour moi a été le soutien immédiat de nombreux artistes, ainsi que celui de ma famille, de mes agents, et de mon professeur, qui ont tous compris à quel point Esperanz'Arts était importante dans ma vie, et que je ne pouvais tout simplement pas continuer de voir tout se qui se passait dans le monde sans faire quelque chose. Il y a tellement à faire. Tellement de personnes à aider, tellement de joie à apporter.
 
J'ai beaucoup de respect et de gratitude pour les artistes qui sont convaincus que d'avoir une vie uniquement axée sur soi-même, son travail et son égo est malsain, et qui sentent qu'avoir une vie de partage et de générosité peut apporter énormément d'harmonie dans leur vie professionnelle et personnelle.
 
J'espère qu'Esperanz'Arts continuera de vivre longtemps après que j'ai quitté ce monde, et que notre communauté d'artistes pourra continuer de partager notre vision et notre idéal, pour maintenant, et pour les générations à venir.
Paloma Kouider
"Esperanz’Arts porte en son nom l’essentiel de sa mission : faire sourdre l’espoir par le medium artistique – musical, littéraire, chorégraphique, pictural…-, là où celui-ci hésite encore à s’établir.

Esperanz’Arts a d’abord pour vocation de structurer une spontanéité, un élan du cœur qui préexistaient à la création officielle de l’association. Nombreux sont les artistes qui, pétris d’idéalisme, animés d’une volonté de partager autrement leur art, avec des publics moins accoutumés aux manifestations artistiques ou qui, pour une raison ou une autre, n’y ont pas ou peu accès, entreprennent d’ « aller-vers », vers une forme de respiration, une manière de vivre autrement leur expérience artistique. Au risque de se heurter à des portes closes, cause d’une frilosité face à l’artiste solitaire. La structure associative, par la force du nom,  par la force du nombre, permet de transcender ces osbtacles et de fait, facilite le dialogue avec les infrastructures potentiellement intéressées par son action.

 
A cet aspect d’ordre pratique, qui permet une concrétisation de l’idée maîtresse, est corrélée une double fécondité. En premier lieu l’action sociale, fil conducteur du projet, qui a pour but la sensibilisation ou la re-sensibilisation à l’art d’un public démuni, qui passe notamment par le dialogue et des manifestations artistiques qui lui sont expressément dédiées, impliquant une adaptation des artistes au public concerné.
 
Enfin, sur un plan artistique, Esperanz’Arts, en faisant se rencontrer des artistes de tous horizons, catalyse des collaborations en germe, élargit le champ des possibles artistiques, devenant un véritable laboratoire d’idées.  C’est ce travail en trois dimensions, – dimension structurelle , sociale et créative, chacune oeuvrant en synergie avec les deux autres –, qui m’a séduite et entraînée dans l’aventure…
 
Un immense merci à mes reines de cœur, Alexandra et Maria, musiciennes engagées, pleines d’énergie et de nobles pensées, avec lesquelles cheminer est un vrai bonheur."
Maria Mosconi

Tout naturellement; puisque dès mon plus jeune âge j'ai éprouvé le besoin de partager une émotion musicale avec d'autres enfants. À l' école primaire, j'ai joué de l' épinette devant plusieurs classes pour faire connaître la musique baroque aux élèves de mon âge; à cette époque un petit groupe composé de trois adultes (flûte à bec, épinette et violoncelle) et moi même à la flûte à bec se produisait dans les écoles maternelles de la ville: nous interprétions des airs et danses de la renaissance. Tout d'abord les enfants nous écoutaient en général avec beaucoup d'attention puis ils se mettaient à danser en ronde autour de nous.

J'ai compris dès ce moment, vers 5 ans, que la musique est un partage : de l' énergie circulait des musiciens aux danseurs; le désir d' une pratique musicale pouvait naître chez les jeunes spectateurs qui voyaient un enfant comme eux tirer des sons d'un instrument; et surtout la musique, grâce à son pouvoir de transmission des émotions bien au delà de la parole, s' adressait directement à de très jeunes enfants ou même à des enfants pour qui la communication était difficile.

 
La rencontre avec Sacha et Paloma, dont les objectifs musicaux et humains vont tout à fait dans cette direction ne pouvait être qu' évidente!
Cette association avec ces deux artistes passionnées, engagées est apparue comme naturelle, faisant écho à mon désir profond de transmission de la musique.
Balazs Borocz

Lorsque j'ai découvert Esperanz'Arts, j'ai été immédiatement touché par le projet et l'engagement des artistes fondateurs. Je suis profondément convaincu du changement que l'art et la musique apportent dans la vie des gens, particulièrement celle des enfants, comme j'en ai été témoin lors d'une mission bénévole dans un orphelinat. 

Je souhaite sincèrement que le message de musique et de bonne volonté entre dans les coeurs, les réconforte, les transforme et aussi serve d'exemple… J'espère que ma contribution en tant que graphiste et photographe inspirera d'autres personnes à rejoindre ce projet et à lui apporter talents et soutien.